Catégorie : Carnet de route

La penultima…

Ecrit par :patrick/ 1464 0

Une des particularités de l’Espagne, surtout de l’Andalousie et encore plus de Séville, c’est cette sorte de circuit bien réfléchi, jamais fait au hasard, toujours étudié au pied à coulisse, que pratique tout un chacun à Séville et qu’on appelle le tapeo. Cela consiste à faire la tournée des bars  pour goûter les meilleures tapas accompagnées d’un léger breuvage. C’est quasi précis comme un itinéraire SNCF chez nous – démarrage, nombre de gares, temps de pose, de circulation – à part que les sandwiches sont de bien meilleure qualité et là, on voyage tous en première classe…

Il faut compter quatre, cinq bars différents, où chacun a ses habitudes. Ces tournées se préparent la journée, au travail, entre amis. On en parle, on doit aller là, on n’ira plus là…et le jambon de celui-ci et les crevettes de celui-là.

On peut s’en extraire quand bon nous semble…toujours cordialement.Il suffit d’annoncer qu’on doit y aller. Et là, celui qui part prévient que pour lui, ce sera la « penultima »…l’avant dernière ?

La dernière fait trop référence à la mort…et cela, à Séville, on ne peut pas. On ne se quitte jamais sur la dernière mais toujours sur l’avant dernière. Son cosas de Sevilla. Ole !

NO8DO

Ecrit par :patrick/ 2077 0

Mais que signifie ce sigle ?

Tout d’abord, vous ne le rencontrerez qu’à Séville. Sur le fronton de la mairie, sur les affiches officielles de la ville, sur les autobuses, sur les plaques d’égouts…sur tout ce qui a trait de près ou de loin à la ville de Séville…car c’est la devise de la ville.

Le 8 symbolisant un écheveau se traduit en espagnol par madeja. Ce sigle se lit donc No madeja DO.

Il faut expliquer que ce « No madeja Do » est littéralement synonyme de No me ha dejado. « Elle ne m’a pas abandonné » : voici donc la traduction fidèle de ce sigle officiel.

Un certain nombre d’explications a été donné. La plus acceptée et sûrement la plus romantique est celle-ci. Au XIIIème siècle, le Roi Alphonse X le Savant était un homme de lettre raffiné pour qui l’art et la culture avaient beaucoup d’importance. Toutes les formes d’art de l’époque, quelque soit le culte d’origine, trouvaient grâce à ses yeux.

Il ne savait pas grand chose de l’art de gouverner, encore moins de l’économie ou de l’administration publique ce qui sûrement lui valut le mécontentement général. C ‘est ainsi que son fils Sancho, appuyé par sa mère Doña Violante, épouse du Roi, prit les armes et le trône d’Espagne. Le pays se divisa en deux : ceux qui soutenaient le nouveau Roi et ceux qui aimaient Don Alfonso X.

Don Alfonso se réfugia à Séville où, vieux et malade, il termina sa vie, soutenu par toute la ville, protégé même par la noblesse et une partie du clergé. Il mourut en 1284 à Séville, heureux que la ville ne l’ait jamais abandonné. Il lui en rendit grâce et put dire « No me ha dejado ».

No hay quinto malo !

Ecrit par :patrick/ 1529 0

Cette phrase s’entend souvent en Espagne et plus particulièrement en Andalousie. « Il n’y a pas de mauvais cinquième  » voila ce que cela signifie…la tradition espagnole veut qu’on l’entende surtout lors de corridas, où pour se rassurer d’un spectacle terne, certains pensent et disent que le cinquième taureau sera bon…car il n’y a pas de mauvais cinquième.

On peut le souhaiter à des amis qui ont décidé d’agrandir leur famille jusqu’au cinquième rejeton même si cela est de nos jours assez rare…on peut l’entendre partout..

Ainsi, un soir de feria à Séville, dans un bar taurin réputé qui n’existe plus aujourd’hui, Los tres Reyes, un groupe de guitaristes apportait toute la douceur flamenca que Séville sait réserver à ceux qui la cherche. Soudain, un des guitaristes s’arrêta de jouer…les autres en firent de même…il venait de casser une corde…la cinquième! Qu’à cela ne tienne….la cinquième ! « No hay quinta mala ! » Ole !